AUPRES D'UNE OASIS
Au bord d'un miroir bleu, une petite fleur
Pensive, oubliée, ou consoléée à peine
Dans l'étincelant murmure d'une onde sereine,
Rêvait d'ombres et de pluies réveillant le coeur :
-Las ! Le songe s'étiole !-, et sa maigre couronne
Touche le sable éternel, puis elle relève
Un peu la tête pour ravaler ses pleurs, rêve
Qu'elle charme l'Horizon assis sur son trône.
Hélas ! tu mourus à l'aube, ô petite fleur,
Ce jour où l'astre d'or perdit sa couleur,
Où tes larmes pâles trempaient ces doigts amis,
Ce vieil aventurier, amoureux du bluet,
Qui cueillit ton frêle corps, triste, et te fis
Un sépulcre de reine au coeur de son chevet !